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Labouchère au casino : la méthode, le parlementaire et sa liste barrée 2026

Labouchère au casino : la méthode, le parlementaire et sa liste barrée 2026

La méthode Labouchère consiste à fixer un objectif de gain à l’avance, à le répartir sur une liste de nombres, puis à miser la somme du premier et du dernier chiffre de cette liste à chaque tour. Une victoire retire ces deux nombres, une défaite ajoute le montant perdu en bout de liste.

Le verdict rejoint celui de toute méthode de mise. La liste barrée ne change rien à l’avantage de la maison, et sa vraie utilité tient à la structure qu’elle impose autour d’un objectif chiffré, pas à un quelconque avantage retrouvé sur le jeu.

Cette page retrace l’histoire du parlementaire britannique qui lui a donné son nom, détaille sa mécanique sur une séquence chiffrée, puis pose les vrais chiffres : bankroll requise, risque de dérive de la liste et complexité de suivi en pleine partie.

Sommaire

D’où vient la Labouchère

Contrairement à la martingale, dont l’origine se perd dans les cercles de jeu du XVIIIe siècle, la méthode Labouchère porte le nom d’un homme parfaitement identifiable, avec une biographie richement documentée.

L’origine

Henry Du Pré Labouchère naît à Londres le 9 novembre 1831, dans une famille d’origine huguenote enrichie par la banque. Formé à Eton, il entre dans la diplomatie britannique en 1854 et occupe des postes à Washington, Munich, Saint-Pétersbourg puis Constantinople, jusqu’en 1864.

Rendu à la vie civile, il se distingue comme journaliste, notamment par ses dépêches envoyées depuis Paris pendant le siège de 1870 et 1871. En 1877, il fonde l’hebdomadaire Truth, réputé pour ses enquêtes sur la corruption et sa propension à finir devant les tribunaux pour diffamation.

Élu député libéral de Northampton en 1880, il siège à la Chambre des communes jusqu’à sa retraite politique en 1906. Il meurt à Florence le 15 janvier 1912, à l’âge de 80 ans.

Les cas documentés

Le goût de Labouchère pour le jeu est, lui aussi, documenté. Étudiant à Cambridge, il fréquente assidûment l’hippodrome de Newmarket et y perd environ 6 000 livres en deux ans, une somme considérable pour l’époque.

C’est à ce parlementaire joueur que la méthode doit son nom, d’abord popularisée sur les courses hippiques avant de gagner les tables de roulette. Aucun texte signé de sa main, contrairement au raisonnement écrit de d’Alembert, ne documente la création exacte de la liste barrée : l’attribution repose sur la tradition du jeu plutôt que sur un ouvrage daté.

Le système est aussi appelé système d’annulation ou martingale fractionnée dans la littérature du jeu, deux noms qui désignent la même mécanique de liste barrée, sans qu’aucun n’ait supplanté l’autre dans l’usage.

En quoi elle consiste

Le joueur fixe d’abord un objectif de gain, par exemple 10 €, puis le décompose en une liste de nombres positifs dont la somme atteint ce montant, comme 1, 2, 3, 4. Chaque mise correspond à la somme du premier et du dernier chiffre de la liste.

Une victoire retire ces deux nombres de la liste. Une défaite ajoute le montant perdu en bout de liste, ce qui l’allonge d’un cran. La liste est soldée, et l’objectif atteint, dès qu’il ne reste plus aucun nombre.

Le tableau suivant illustre une séquence réelle de dix tours à partir d’une liste de départ 1, 2, 3, 4, visant un gain de 10 €, pariée sur une chance simple à la roulette comme rouge ou noir.

TourListe avant la miseMiseRésultatSolde net cumulé
11, 2, 3, 45 €Perte-5 €
21, 2, 3, 4, 56 €Perte-11 €
31, 2, 3, 4, 5, 67 €Gain-4 €
42, 3, 4, 57 €Gain+3 €
53, 47 €Gain+10 € (liste soldée)
61, 2, 3, 4 (nouvelle liste)5 €Perte+5 €
71, 2, 3, 4, 56 €Perte-1 €
81, 2, 3, 4, 5, 67 €Perte-8 €
91, 2, 3, 4, 5, 6, 78 €Perte-16 €
101, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 89 €Gain-7 €

Sur cette séquence, le premier objectif de 10 € est atteint dès le cinquième tour, liste entièrement soldée. Une nouvelle liste démarre alors, mais quatre pertes consécutives la rallongent aussitôt et ramènent le solde à -7 € en fin de séquence, la mise suivante s’élevant déjà à 9 €.

Ce qu’elle vaut vraiment

Les avantages réels

La méthode Labouchère fixe un objectif chiffré avant même la première mise, un repère que la martingale ou la suite de Fibonacci n’offrent pas. Le joueur sait exactement ce qu’il vise, et la liste soldée marque la fin nette d’une session.

Chaque victoire efface deux nombres d’un coup, ce qui absorbe une partie des pertes plus vite qu’une simple mise fixe. Une liste courte, comme 1, 2, 3, limite aussi l’ampleur de la progression en cas de série défavorable, contrairement à une liste plus ambitieuse.

Les risques et les limites

L’espérance du jeu reste strictement identique, quelle que soit la façon dont la mise progresse. Sur une chance simple à la roulette européenne, l’avantage de la maison reste fixé à environ 2,70 % de chaque mise engagée.

La probabilité de perdre dix fois de suite sur une chance simple reste d’environ 0,13 %, soit une chance sur 780. Pour la liste 1, 2, 3, 4 utilisée plus haut, dix pertes consécutives portent le cumul des mises à 95 €, contre 55 € pour la méthode d’Alembert et 1 023 € pour la martingale sur le même scénario.

La liste s’allonge d’un cran à chaque défaite, et la mise suivante progresse presque comme chez d’Alembert, en ajoutant environ 1 € à chaque tour. Elle part toutefois d’une base plus haute, fixée par les chiffres choisis au départ, ce qui rend la bankroll requise directement dépendante de la liste initiale.

La Labouchère ajoute un risque propre : perdre le fil de la liste en pleine partie, sous le coup du stress ou de plusieurs allers retours entre gains et pertes, une difficulté de suivi supérieure à celle de la martingale ou d’Alembert, réglées par une seule opération à chaque tour.

Une liste barrée organise un objectif, elle ne l’atteint jamais par elle-même. Chaque victoire efface deux nombres, chaque défaite en ajoute un, et c’est la roulette, pas la liste, qui décide laquelle des deux se produit.

Les variantes

La Labouchère inversée applique la logique en sens contraire : un gain ajoute un nombre en fin de liste, une perte en retire deux. Cette variante se rapproche du paroli, puisqu’elle mise sur les séries gagnantes plutôt que sur un objectif de rattrapage.

Certains joueurs raccourcissent volontairement leur liste de départ, à trois ou quatre nombres, pour limiter l’ampleur d’une dérive en cas de pertes répétées. D’autres visent un objectif plus élevé avec une liste plus longue, au prix d’une progression plus marquée à chaque défaite.

La Labouchère vs les autres systèmes

Comparée aux quatre autres systèmes de mise, la méthode Labouchère se distingue par une bankroll requise variable, pilotée par la liste choisie au départ plutôt que par une règle fixe.

SystèmeAgressivitéBankroll requise (10 pertes depuis 1 €)Risque de ruinePour qui
MartingaleTrès élevée, progression géométrique1 023 €Élevé, borné par les plafonds de tableJoueurs cherchant une remontée rapide, à leurs risques
D’AlembertFaible, progression arithmétique55 €Faible à modéréJoueurs voulant des sessions longues et prévisibles
ParoliModérée, mise sur les gainsUne seule mise de base par cycleFaible, perte plafonnée par cycleJoueurs préférant limiter la casse plutôt que courir après elle
FibonacciIntermédiaire143 €ModéréJoueurs à l’aise avec un suivi de séquence
LabouchèreVariable selon la liste choisieModérée à élevée selon l’objectif fixéModéré à élevé en fin de listeJoueurs prêts à gérer une liste de chiffres en cours de partie

Jouer la Labouchère sans perdre le contrôle

Comme les autres systèmes de mise, la Labouchère s’applique surtout aux chances simples d’une table de roulette, rouge ou noir, pair ou impair, manque ou passe. Le choix de la table pèse souvent plus lourd que la méthode elle-même, un point développé dans notre guide de stratégie roulette.

Suivre une liste, aussi structurée soit-elle, ne dispense jamais de fixer une limite avant de jouer. Un stop-loss décidé à froid reste le seul rempart réellement efficace contre l’envie de prolonger une session pour solder coûte que coûte l’objectif fixé.

Si la Labouchère ou tout autre système pousse à miser plus que prévu pour se refaire, notre page jeu responsable recense les limites de dépôt et les outils d’auto-exclusion proposés par la plupart des casinos sérieux.

Questions fréquentes

La méthode Labouchère fonctionne-t-elle vraiment ?

Elle ne change jamais l’espérance négative du jeu. Fixer un objectif chiffré et le solder par une liste barrée structure une session, mais chaque défaite rallonge la liste et rapproche d’une bankroll insuffisante pour continuer.

Quelle bankroll faut-il pour jouer la Labouchère ?

Cela dépend entièrement de la liste choisie au départ. Pour une liste 1, 2, 3, 4 visant 10 € de gain, dix pertes consécutives portent le cumul des mises à 95 €, un montant qui grimpe avec des listes plus longues ou des chiffres de départ plus élevés.

Qui est Henry Labouchère, l’inventeur du système ?

Henry Du Pré Labouchère est un journaliste et député libéral britannique, né en 1831 et mort en 1912. Fondateur de l’hebdomadaire Truth, il a aussi perdu environ 6 000 livres à l’hippodrome de Newmarket pendant ses études, et son nom est resté attaché à cette méthode de mise.

Quelle différence entre la Labouchère et la martingale ?

La martingale double la mise après chaque perte selon une règle unique et fixe. La Labouchère répartit un objectif de gain sur une liste de chiffres, et la mise dépend à chaque tour du premier et du dernier nombre restants, ce qui exige un suivi plus complexe.

Peut-on utiliser la Labouchère sur les machines à sous ?

Non, elle perd son sens sur une machine à sous, où chaque spin reste indépendant et où le RTP fixe une redistribution moyenne sur des millions de tours. La méthode s’applique aux chances simples d’une table comme la roulette, pas à la mise fixe d’un spin.